APRES DEUX ANS D'ABSENCE, LA CHARISMATIQUE CAMERON DIAZ REVIENT ENFIN AU CINEMA DANS IN HER SHOES DE CURTIS HANSON. DE SES DEBUTS COMME SIMPLE JOLIE BLONDE, CAMERON EST DEVENU 10 ANS APRES UNE GRANDE STAR QUI RESTE ENCORE DISCRETE. UN GRAND RETOUR ?
Cameron Diaz est née le 30 août 1972 d’une mère anglo-allemande et d'un père cubano-américain. Sacré mélange pour un caractère bien trempé qui est déjà fortement assumé dès ses débuts. Elle est repérée, à l'âge de 16 ans, par un représentant de l'agence Elite : elle devient dès lors mannequin. Elle pose alors pendant 5 ans pour toutes les grandes marques de renom, mais bien vite, elle sent qu’elle en a vite fait le tour. Elle décroche alors en 1994, il est vrai, du fait de son physique, le rôle de la sculpturale Tina Carlyle, copine du caïd de l’histoire, et qui va faire chavirer les mirettes de Stanley Ipkins alias The Mask joué par le génial Jim Carrey. Sa participation dans le film The Mask de Chuck Russell l’a fait donc remarquer. Elle est belle, et elle pourrait jouer les jolies filles de service. Mais, Cameron n’est pas aussi douce que son personnage dans le film. Tout au contraire, cette fille est déjantée. Pour le moment, elle n’a l’image que d’une bombe qui a marqué le mâle lamba dans la scène d’ouverture où elle se cambre en exposant sa poitrine comprimée dans une splendide robe rouge, mais elle va bien vite casser cette image en évitant d’exploiter le filon The Mask qui lui aurait sûrement apporter le succès plus rapidement, mais elle aurait été cantonné à un style de rôle qui ne lui correspond pas. Au lieu de suivre les sirènes hollywoodiennes, elle prend le chemin des films indépendants, et se forge une expérience solide. Cette fille est belle et surtout intelligente.
Le premier de cette petite liste de films indépendant est le très politiquement (in)correct L’ultime souper de Stacy Title sorti en 1995, l’histoire de 5 étudiants de gauche qui refont le monde autour de leur table, mais bientôt ils vont se mettre à inviter à leur table un à un des étrangers qu’ils rencontrent les uns les autres, et qui n’ont pas la même conception du monde qu’eux. D’où leur suppression nette et efficace. Les corps finissant dans un champ de tomate. De quoi vous faire rougir quand vous pensez à une tomate ! Film original basé sur un échange de dialogues argumentés, L’ultime souper pourrait être une pièce de théâtre (et l’a certainement été) tellement le jeu s’y prête. Cameron joue la jolie fille, mais commence à en imposer en faisant oublier la trop transparente Tina Carlyle. Moins connu et quasiment oublié dans sa filmographie, Meurtre à Tulsa avec Eric Stoltz et Petit meurtre entre nous avec Harvey Keitel sont des petites films financés sur la côte très indépendante des deux acteurs en tête d’affiche, des acteurs qui venaient d’être de nouveau reconnu grâce aux productions Tarentino. Les films très inspirés de cet univers n’en n’ont pas évidemment le calibre. Cameron joue pour les seules et uniques fois la jolie fille sans intérêt autre que de faire courir les héros masculins. Puis, Cameron devient le Bonny d’un Clyde du pauvre dans le très rural Feeling Minnesota en 1996. Elle devient Freddie, une jeune femme mariée de force à Sam Clayton joué par le balaise Vincent d’Onofrio, mais l’arrivée de Jacks (Keanu Reeves), le frère du marié, va réveiller les ardeurs perdues de la belle, et provoquer une vraie zizanie. A juger le film objectivement, on n’est pas en face d’un grand film, et les situations sont très tirées par les cheveux. Mais le couple Keanu Reeves-Cameron Diaz a quand même beaucoup de charme, et on ne s’explique pas toujours pourquoi le film nous est sympathique. Quoiqu’il en soit, la bonne idée est d’avoir commencé le film par Ring of Fire de Johnny Cash et de l’avoir fini par la même chanson interprétée par un autre génie Bob Dylan. Enfin, elle joue de sa beauté en devenant la peste glaciale qui fait chavirer les couples dans She's The One de l'acteur Edward Burns où s'illustra pour une des première fois au cinéma Jennifer Aniston. Belle prestation dans un bon petit film.
Les films indépendants lui permettent de soigner son jeu d’acteur. Elle était mannequin au départ, il ne faut pas l’oublier. Mai c’est en rentrant dans la cours des grands, donc en franchissant de nouveau les portes d’Hollywood qui Cameron va surprendre tout le monde et démontrer enfin la richesse de son talent. Cette fille est gaie. Elle a le comique dans le sang. Et c’est face à l’actrice la plus glamour du moment, Julia Roberts, qu’elle enfin avoir l’occasion de s’illustrer en dehors de son physique trop attractif. Dans Le mariage de mon meilleur ami de PJ Hogan en 1997, finit la bombe blonde, finit les regards suaves, la belle a décidé de se rhabiller avec les vêtement les moins chics qui soient pour interprète la petite fille bourge qui va épouser l’amour de jeunesse (Dermot Multoney) de Julianne (la grande Julia Roberts). Outre la scène où pousse la chansonnette I Say A Little Prayer, c’est bien la scène de karaoké où Cameron Diaz, toute timide et gênée, est poussée par sa rivale à chanter en public. C’est une catastrophe, mais elle acquiert finalement l’adhésion du public. Quant on sait comment Cameron s’est amusée à chanter comme un pied, on se dit que cette fille a vraiment la pêche, et qu’une soirée avec elle, ça doit remuer. Enorme succès, belle comédie romantique, Le mariage est un vrai bonheur remplis de grands sentiments, et Cameron fait presque de l’ombre à la belle Julia pourtant en pleine grâce. Cameron Diaz devient une star. Mais la suite est encore mieux. Un petit retour au film indépendant pour une prestation remarquée chez le britannique Danny Boyle où elle devient la compagne de Ewan McGregor dans Une vie moins ordinaire en 1997. Beau film aux qualités esthétiques bien pensées, le film est une déception pour les fans de Boyle car moins abouti que ses deux précédents films (Petit meurtre entre amis et Trainspotting). Mélange de genres (les anges s’opposent dans un film policier et romantique), l’histoire est parfois bancale, mais la prestation de Cameron en bourgeoise prétentieuse et sexy ravive la moindre impasse. Un bon film donc, et une actrice qui s’affirme.
En effet, 1998 est l’année de référence de la belle. Elle y trouve deux rôles forts et opposés dans deux monuments de l’humour, l’un à l’humour régressif et déjanté, l’autre à l’humour noir comme la mort. Les frères Farrelly, eux-mêmes, n’auraient certainement pas imaginé le potentiel de leur nouveau projet : Mary à tout prix. Ted (Ben Stiller), le loser, décide de retrouver son amour de jeunesse, la splendide Mary (Cameron Diaz). Il engage un détective privé, Pat Healy (Matt Dillon), pour la retrouver. Mais tout va se compliquer ! Belle brochette de dégénérés autour de la pétillante et souriante Mary. Cameron Diaz explose de charme à chaque plan, tout en se retenant à ne pas aller au-delà de son personnage. Car on le sent, elle aurait préférée faire partie de cette bande de looser plutôt que de se restreindre au rôle de la jolie Mary, mais elle s’y fait, et se défoulera entre les prises (voir le générique final. Le film qui fit de Cameron Diaz une icône. Sans oublier la mise en avant de Ben Stiller qui ne quittera plus les sommets depuis. Quant à Matt Dillon, dans son rôle le plus hilarant, elle deviendra à l’écran (pas longtemps) comme à la ville (un peu plus quand même) sa copine. Les Farrelly ne feront jamais mieux que ce film au rythme ininterrompu de sketches dans les plus drôles de l’histoire de la comédie.
Ensuite, Very Bad Things enfonce le clou. Cette fille est une déferlante d’énergie. Elle le prouve encore dans un rôle de teigne égoïste dans le « Vraiment Très Bon » film de Peter Berg. L’acteur réalisateur a un autre point commun avec les Farrelly, c’est qu’il n’a toujours pas fait mieux que ce film. Quelques jours avant son mariage, Kyle part avec ses amis enterrer sa vie de garçon. Mais un accident se produit et la prostituée engagée est tuée. Ils vont devoir cacher le corps. Et la future promise de Kyle ne va pas le lâcher. Outre la prestation déjantée de Cameron qui culmine jusqu’au plan final ravageur, il faut souligner la noirceur du jeu d’un Christian Slater qui, sans tous ses problèmes d’alcool et de drogue, était promis à une des plus belles carrière à Hollywood. En tout cas, dans ce film, il excelle de mystère. Mais il va trouver plus fort que lui : une femme, et pas n’importe laquelle, la belle Cameron. Rarement une comédie acerbe aura autant flirter avec la mort (faut voir comment chacun disparaît, du grand art). Cameron Diaz fait donc des choix judicieux en alternant les grandes comédies et les films moins grands publics mais tout aussi réussis. Cela va lui sourire encore longtemps.
Elle devient une épouse enlaidie et siphonnée pour Dans la peau de John Malkovich en 1999 de Spike Jonze, un film qui est tout autant frappa dingue, et apparaît dans un film encore plus déjanté Las Vegas Parano de Terry Gilliam au côté de Johnny Depp. La belle fait donc la rencontre d’auteurs, de génies du cinéma américain, et va ainsi pouvoir en approcher deux de plus prêt dans L’Enfer du dimanche, le film sur le football américain de Oliver Stone, pour lequel elle accepte de baisser son salaire qui montait depuis quelque temps. Au générique, un autre géant, peut être même le plus grand acteur de notre époque (avec Clint Eastwood bien sûr) : Al Pacino. Entraîneur d’un autre temps, Tony d’Amato va tomber sur une forte tête à la direction de son club : la fille de son boss. Prétentieuse mais avec les atouts qui le lui permettent, Cameron Diaz était l’actrice idéale pour ce rôle, et confirme sa polyvalence. Elle sait tout jouer. Et les femmes de poigne, elle les joue mieux que quiconque. Bien plus que du charme, ce film montre qu’elle a d’autant plus de charisme. Le film aussi. Oliver Stone mettra 5 ans avant de sortir un nouveau film. Mais Alexandre n’est pas aussi jouissif que son précédent.
Les années 2000 marquent encore cette double facette de l’actrice. Pour un film gros budget, elle tourne un petit film. Ainsi naît Ce que je sais d’elle d’un simple regard de Rodrigo Garcia où elle a la possibilité de jouer en face de la grande Glenn Close. Mais c’est surtout l’adaptation de Charlie et ses drôles de dames qui va marquer cette année 2000. Accompagnée de Lucy Liu et Drew Barrymore, elle devient une des drôles de dames d’après la série des années 70. Les critiques fusent cette fois dans le mauvais sens. Il faut dire qu’ils vont aller très loin. McG, le réalisateur, n’y va pas par quatre chemins et filme de manière nerveuse, saccadée, cumulant volontairement les poncifs, en digne successeur de Michael Bay, quoiqu’il pourrait presque lui donner le tournis. Ne pas aller chercher la moindre réalité ou le moindre scénario derrière cette production. Le but assumé est d’en mettre plein la vue, et le fun est le principal mot d’ordre. Nanar crispant ou réussite jouissive, à vous de voir. Je n’ai pas aimé au départ, puis j’ai vu la suite sortie en 2003 avec la même équipe qui m’a permis de revoir et d’apprécier ce film. Les anges se déchaînent est la prolongation du premier, tout en allant encore plus loin dans l’insensé (je dirais pour ma part, en améliorant les idées du premier). Cette confrontation contre la revenante Demi Moore est donc une belle réussite, un succès pas assez marqué pour annoncer avec conviction un 3ème épisode, mais si on entre dans le 20ème degré de McG, on a de quoi délirer. A noter la présence de Bill Murray dans le 1er qui n’a pas souhaité rempiler. Entre-temps, Cameron tourna dans Vérité apparente, un petite budget pas très apparent puisque sorti très confidentiellement en 2001.
En 2001, Cameron Diaz est une star, mais la jeune femme semble s’éloigner de plus en plus des plateaux. Elle ne s’offre qu’un second rôle dans le Vanilla Sky de Cameron Crow avec Tom Cruise. En femme obsédé par le beau gosse qui ira jusqu’au suicide par amour, Cameron fait peur.Le film a beau fait débattre, sa prestation est étonnante. Toujours un peu en retrait, elle devient la voix de la princesse Fiona dans le déjanté film d’animation Shrek. Grand succès qui lui permet même de se payer des vacances puisqu’elle touche jusqu’à 12 millions de dollars pour prêter à nouveau sa voix à la princesse Fiona dans la suite Shrek 2 en 2003. En 2002, elle est la tête d’affiche d’Allumeuses !, mais même si le film est entièrement dédié à la star qui se lâche avec ses copines Christina Applegate et Selma Blair, le film de Robert Kumble est un véritable nanar. Et Cameron Diaz en a fait peu comme cela. Encore que Charlie et ses drôles de dames passent suivant diverses visions (subjectives, il est vrai, mais moi j’aime), celui là retient difficilement l’attention. Mais le naufrage n’est pas consommé. Car Cameron reprend son rythme de forme avec Gang of New York se passant en 1863, dans le rôle d’une voleuse qui prend le cœur d’ Amsterdam Vallon joué par Leonardo Di Caprio, un film de Martin Scorcese de grande valeur qui mérite une redécouverte. Cameron, en brune, naturelle, et pleine de charme, atteint son objectif. Elle impressionne. Et quand c’est un auteur qui la filme, elle sort toujours une grande prestation.
Depuis 2003 et son dernier film comme actrice Charlie et ses drôles de dames : Les anges se déchaînent, Cameron a disparu des écrans pour n’apparaître que dans la presse people avec son cher et tendre Justin Timberlake avec qui elle vit une longue histoire d’amour depuis 2003. Elle anime aussi une émission intitulée Tripping sur MTV où elle découvre la nature. On est donc bien heureux de la revoir dans un film, surtout quand c’est le grand Curtis Hanson, qui la filme. In Her Shoes est donc une comédie légère, mais où Cameron a encore le moyen de montrer ses talents. Elle devient dans ce film une blonde nunuche qui sait à peine lire, mais qui grâce à son corps de rêve fait rêver tous les hommes et s’en sort toujours, tout le contraire de sa sœur, avocate, qui n’a pas cette chance. Le film est une belle comédie comédie douce amer, où Cameron fait preuve de son charme désarmant. La belle va d'ailleurs perséverer dans la comédie romantique intelligente car elle sera au casting du dernier film Holiday de Nancy Meyers, qui connaît le genre, avec Kate Winslet et Jack Black. Ca donne envie. C'est pas peu dire.